La grille coefficient du préparateur en pharmacie traduit un poste, une qualification et une ancienneté en salaire minimum conventionnel. En officine, elle s’appuie sur un coefficient, une valeur du point et des règles de progression. Pour vérifier si la rémunération est cohérente, il faut regarder ensemble le coefficient, le temps de travail et les primes qui s’ajoutent au salaire de base.
À quoi sert le coefficient d’un préparateur en pharmacie ?
Le coefficient est le repère de classification prévu par la Convention Collective Nationale de la pharmacie d’officine. Il ne correspond ni à une prime ni à une appréciation personnelle. Il fixe un salaire minimum conventionnel pour un emploi donné. Plus le coefficient est élevé, plus le salaire brut augmente.

Pour un préparateur ou une préparatrice en pharmacie en officine, le point de départ est le coefficient 250. La suppression du coefficient 240 a relevé le bas de grille, avec un reclassement des profils concernés. Cette évolution accompagne aussi la montée en qualification du métier, notamment avec le DEUST préparateur/technicien en pharmacie.
Le calcul du salaire brut mensuel
Le salaire brut conventionnel se calcule à partir de la valeur du point. Avec une valeur du point à 5,278 €, la formule de référence pour un temps plein est : coefficient × valeur du point × 151,67 / 100. Les 151,67 heures correspondent à la base mensuelle d’un contrat de 35 heures hebdomadaires.
Par exemple, un préparateur au coefficient 250 obtient un salaire brut mensuel d’environ 2 001,29 € sur la base de 35 heures. À temps partiel, le montant est calculé au prorata de la durée prévue au contrat.
Le salaire ne dépend pas seulement du chiffre inscrit sur la grille. Il dépend aussi du diplôme, du coefficient attribué, de la durée contractuelle, de l’ancienneté, des responsabilités exercées et des compléments versés. Deux préparateurs au même coefficient peuvent donc percevoir des montants différents si l’un assure des gardes, travaille certains week-ends ou touche une prime liée à l’organisation de l’officine. Il faut lire la grille avec le bulletin de paie, pas à côté.
Grille de salaire en officine : les coefficients à connaître
La grille de rémunération en officine permet d’identifier rapidement le salaire brut minimum associé à chaque coefficient. Les montants ci-dessous sont donnés pour un temps plein à 35 heures, avec une valeur du point à 5,278 €.

| Coefficient | Repère de classification | Salaire brut mensuel indicatif |
|---|---|---|
| 250 | Préparateur en pharmacie débutant ou reclassé en bas de grille | 2 001,29 € |
| 260 | Premier palier de progression | 2 081,34 € |
| 270 | Expérience consolidée | 2 161,39 € |
| 280 | Montée en autonomie | 2 241,45 € |
| 290 | Préparateur confirmé | 2 321,50 € |
| 300 | Niveau confirmé avec responsabilités accrues | 2 401,55 € |
| 310 | Palier supérieur de classification | 2 481,60 € |
| 320 | Préparateur très expérimenté | 2 561,65 € |
| 330 | Niveau avancé | 2 641,70 € |
| 340 | Responsabilités étendues | 2 721,75 € |
| 350 | Haut niveau de classification non cadre | 2 801,80 € |
| 400 | Assimilé cadre ou niveau de responsabilité supérieur | 3 202,06 € |
Ces montants sont des minima conventionnels. Un employeur peut payer davantage. C’est fréquent lorsque le préparateur possède une expertise recherchée, prend en charge des missions de coordination, participe à la gestion du back-office ou travaille dans une zone où le recrutement est difficile.
Coefficient 330, 350 ou 400 : ce que cela change
À partir des coefficients élevés, la différence ne se limite plus à quelques euros sur la fiche de paie. Elle traduit souvent une évolution du rôle dans l’officine : autonomie dans les commandes, accompagnement des apprentis, responsabilités sur certains rayons, suivi de gammes spécifiques ou participation à l’organisation quotidienne. Le coefficient 400 correspond à un niveau assimilé cadre ou à des responsabilités supérieures, mais son attribution dépend des fonctions réellement confiées et des règles applicables dans l’entreprise.
Ancienneté : les paliers qui font évoluer la rémunération
L’ancienneté peut déclencher une prime d’ancienneté en plus du salaire de base. Elle récompense la fidélité dans l’entreprise et s’ajoute au salaire brut conventionnel sans modifier le coefficient.
Les paliers les plus courants sont progressifs : 3 %, 6 %, 9 %, 12 % puis 15 %, selon la durée de présence. En pratique, un préparateur présent depuis plusieurs années peut donc percevoir un salaire total nettement supérieur au minimum affiché dans la grille.
Coefficient et ancienneté ne veulent pas dire la même chose
Le coefficient classe l’emploi et le niveau de qualification. L’ancienneté mesure la durée de présence ouvrant droit à une prime. Un préparateur peut rester au même coefficient tout en voyant sa rémunération progresser grâce à l’ancienneté. À l’inverse, un changement de coefficient peut intervenir si les missions évoluent, même sans attendre le palier suivant.
Pour vérifier votre situation, comparez le coefficient indiqué sur le bulletin de paie, le salaire brut de base et la prime d’ancienneté. Si l’un de ces éléments manque ou paraît incohérent, il vaut mieux demander une explication écrite au service paie ou au titulaire.
Primes et compléments : ce qui s’ajoute au salaire de base
La grille donne le socle minimum, mais elle ne résume pas toute la rémunération. Plusieurs compléments peuvent améliorer le salaire d’un préparateur en pharmacie, selon l’organisation de l’officine, le contrat et les horaires effectués.
- Prime d’ancienneté : calculée selon les paliers applicables et liée à la durée de présence dans l’entreprise.
- Prime d’équipement ou de blouse : elle peut atteindre 92 € brut selon les règles conventionnelles applicables.
- Heures supplémentaires : elles doivent être rémunérées ou compensées selon le cadre légal et conventionnel.
- Gardes, astreintes, dimanches ou jours fériés : ces situations peuvent donner lieu à des majorations ou indemnités spécifiques.
- Treizième mois ou prime interne : possible dans certaines officines, mais pas automatique si aucun texte ou usage ne le prévoit.
Le cas de l’intérim
En intérim, le salaire horaire peut sembler plus attractif, notamment grâce aux compléments propres à ce type de contrat. Les deux sigles à connaître sont IFM, pour indemnité de fin de mission, et ICCP, pour indemnité compensatrice de congés payés. Ces montants améliorent le total perçu, mais ils ne doivent pas être confondus avec une progression durable du coefficient.
Officine, hôpital, réforme : les différences à ne pas mélanger
La grille coefficient concerne principalement la pharmacie d’officine. À l’hôpital, le préparateur en pharmacie hospitalière, souvent appelé PPH, dépend d’une autre logique : la rémunération repose sur une grille indiciaire, avec grades, échelons et indices majorés. Le calcul n’est donc pas le même qu’en officine.
En milieu hospitalier, l’évolution passe par les échelons, le grade, l’ancienneté dans la fonction publique hospitalière et certains compléments de rémunération, notamment liés au Ségur de la santé, aux horaires ou aux contraintes de service. En officine, la lecture est plus directe : coefficient conventionnel, valeur du point et primes prévues.
L’impact de la réforme 2025-2026
La réforme entrée en vigueur au 1er novembre 2025 et l’application de la nouvelle grille au 17 avril 2026 ont un effet concret : le bas de grille est revalorisé, avec la disparition du coefficient 240 et un départ au coefficient 250. Pour les salariés concernés, l’enjeu est de vérifier que le reclassement apparaît bien sur le bulletin de paie et que le salaire brut correspond au nouveau minimum conventionnel.
Pour faire le point sur votre situation, partez toujours de votre fiche de paie la plus récente : coefficient, base horaire, salaire brut, prime d’ancienneté, éventuelle prime d’équipement, heures complémentaires ou supplémentaires. C’est cette lecture globale qui permet de savoir si la rémunération respecte la grille et si une discussion salariale peut être engagée sur des responsabilités réellement exercées.
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