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Passerelle après infirmier : une entrée en deuxième année n’est pas une équivalence automatique

Mathieu Roussel 7 min de lecture
Dossier infirmier passerelle pour entrée en deuxième année

Après le diplôme d’État infirmier, plusieurs voies permettent de changer de métier ou d’évoluer sans reprendre systématiquement toutes les études : admissions vers médecine ou sage-femme, dispenses en formation paramédicale, masters et concours. Mais le diplôme IDE ne donne pas un accès automatique à ces parcours. Le gain de temps dépend du dispositif, de votre diplôme et de la décision de l’établissement.

Ce que votre diplôme infirmier permet réellement

Le diplôme d’État infirmier préparé dans le cursus universitaire confère le grade de licence, soit un niveau bac+3. Cette reconnaissance ouvre notamment la possibilité de candidater en master. Pour un diplôme ancien, notamment obtenu avant 2012, faites vérifier votre situation par l’université : une reconnaissance des acquis peut être nécessaire selon la formation demandée.

Quiz : comprendre les passerelles après le diplôme IDE

Répondez aux six questions, puis validez vos réponses pour découvrir votre score et la correction.

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Avant de comparer les métiers, distinguez les mécanismes d’accès. Ils ne produisent pas les mêmes effets sur la durée des études :

  • La passerelle ou admission parallèle permet, sous conditions et après sélection, d’intégrer un cursus à un niveau déterminé.
  • La dispense supprime certains enseignements ou stages, sans garantir une entrée en année supérieure ni une réduction équivalente du calendrier.
  • La VAE, validation des acquis de l’expérience, vise l’obtention de tout ou partie d’une certification lorsqu’elle est accessible par cette voie.
  • La VAP, validation des acquis professionnels, peut permettre d’accéder à une formation sans posséder le diplôme normalement exigé.

Une équivalence n’autorise donc pas, à elle seule, l’exercice d’une autre profession réglementée. Votre expérience clinique constitue un atout de candidature, mais ne remplace pas les compétences et stages exigés pour le nouveau diplôme.

Médecine et sage-femme : une admission sélective, pas un raccourci garanti

Une candidature possible en deuxième ou troisième année

Les titulaires du diplôme infirmier peuvent, sous réserve de remplir les conditions réglementaires, candidater aux admissions directes en deuxième ou troisième année de médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie. Cette procédure repose sur un dossier puis, pour les candidats retenus, un entretien. Le jury décide de l’admission et de l’année d’intégration : vous ne choisissez pas librement votre niveau d’entrée.

Infographie sur les principales passerelles après un diplôme infirmier
Infographie sur les principales passerelles après un diplôme infirmier

Il ne faut pas confondre cette voie avec les parcours PASS ou LAS. La passerelle dispose de sa propre procédure, avec des places limitées. Elle évite éventuellement une partie du début du cursus, mais laisse plusieurs années de formation exigeante avant l’exercice du métier.

Expérience, calendrier et nombre de candidatures

L’ancienne exigence de deux années d’expérience ne doit pas être présentée comme une obligation générale actuelle pour ces passerelles. Un jeune diplômé peut donc examiner son éligibilité sans attendre systématiquement deux ans. En revanche, une expérience pertinente aide à démontrer que le projet repose sur une connaissance concrète du métier visé.

La procédure prévoit deux candidatures au maximum, sous réserve des règles de décompte et des éventuelles dispositions transitoires. Le 15 mars est la date limite prévue pour le dépôt des dossiers dans cette procédure ; consultez néanmoins la campagne de l’université pour connaître les modalités exactes, les justificatifs et les contraintes de dépôt.

Les formations paramédicales : comparer les dispenses plutôt que les promesses

Il n’existe pas une passerelle infirmière unique vers tous les métiers paramédicaux. Certains accès reposent sur des dispositions nationales, d’autres sur une sélection et une analyse individuelle du cursus. Demandez toujours une réponse écrite sur l’année d’entrée, les enseignements restant à valider et la durée réelle.

OrientationPossibilité à examinerInterlocuteur et vigilance
KinésithérapieAdmission spécifique et dispenses d’unités d’enseignement possiblesIFMK : sélection, places disponibles et programme individuel
PsychomotricitéDispense de première année sous conditions d’examenInstitut : inscription aux épreuves et validation requise
OstéopathieDispenses de formation liées au diplôme IDEÉtablissement agréé : volume restant, stages et coût total
Manipulateur radioAdmission et dispenses possibles selon le dossier et le cadre applicableIFMEM : niveau d’entrée et éventuelle expérience demandée

En kinésithérapie, l’arrêté de 2015 organise des possibilités d’admission et de dispenses pour certains diplômés, dont les IDE. Le plafond de 5 % associé à cette voie concerne un contingent spécifique : ce n’est ni un taux de réussite ni une place garantie dans chaque IFMK. Le diplôme de kinésithérapeute ne s’obtient pas directement par une VAE fondée sur l’exercice infirmier.

Pour la psychomotricité, la dispense de première année suppose notamment la réussite d’un examen portant sur les enseignements concernés, avec une moyenne générale d’au moins 10/20 et aucune note inférieure à 8/20. L’expérience IDE ne dispense pas de cette vérification des connaissances.

En ostéopathie, ne traduisez pas une dispense annoncée de première année par une année systématiquement retranchée : l’organisation des enseignements et des stages compte aussi. Pour manipulateur radio, une entrée en deuxième année peut être envisagée selon l’IFMEM ; les deux à trois ans d’expérience parfois demandés ne constituent pas une règle universelle.

Enfin, ergothérapie, orthophonie, pédicurie-podologie ou auxiliaire de puériculture nécessitent une vérification propre au diplôme visé. Ne transposez pas les dispenses d’une filière à une autre.

Masters, encadrement et enseignement : évoluer sans changer de profession médicale

Si votre objectif est de quitter le soin direct, une nouvelle formation clinique longue n’est pas forcément la réponse la plus adaptée. Les masters en santé publique, management, qualité, sciences de l’éducation ou recherche peuvent valoriser votre parcours. L’admission reste sélective : le grade de licence permet de candidater, mais ne garantit pas une place.

La pratique avancée constitue une autre évolution : elle approfondit le rôle infirmier plutôt qu’elle ne mène vers un autre métier médical. Les études d’IPA et l’exercice correspondant obéissent à des conditions spécifiques. Pour l’encadrement, renseignez-vous également sur la formation de cadre de santé, sa sélection et l’expérience professionnelle exigée.

L’enseignement peut aussi être une piste, notamment avec le CAPLP dans la section sciences et techniques médico-sociales, selon les conditions de la session. Un diplôme universitaire peut compléter une expertise en éducation thérapeutique ou coordination, mais un DU n’équivaut pas automatiquement à un master ou à une nouvelle qualification professionnelle.

Avant de choisir, sortez de la bulle de votre service actuel. Si vous souhaitez surtout échapper aux nuits, à une organisation tendue ou à une spécialité devenue pesante, observez un autre cadre d’exercice avant d’engager plusieurs années d’études. Distinguer le métier que l’on veut quitter des conditions de travail que l’on ne supporte plus évite une reconversion coûteuse qui reproduirait les mêmes contraintes.

Préparer une candidature et un financement réalistes

Contactez le service des admissions de chaque établissement retenu, puis construisez un dossier adapté plutôt qu’une lettre générique. Les pièces habituellement demandées comprennent :

  • le diplôme infirmier et les relevés de notes ;
  • un CV précisant les services, fonctions et formations suivies ;
  • une lettre exposant le métier visé et la cohérence du parcours ;
  • les justificatifs d’expérience lorsqu’ils sont requis ;
  • les attestations et déclarations propres à la procédure.

À l’entretien, illustrez vos compétences transférables par des situations précises : raisonnement clinique, coordination, prévention ou relation avec les patients. Montrez aussi ce qu’il vous reste à apprendre et votre compréhension des responsabilités du futur métier.

Enfin, chiffrez les frais pédagogiques, les déplacements, le logement et la baisse éventuelle de revenus. Selon votre statut, interrogez votre employeur, les organismes de financement ou votre conseiller en évolution professionnelle. Une admission ne garantit ni financement ni maintien de salaire. La bonne passerelle est celle dont l’accès, la formation restante et le budget sont tous vérifiés, pas seulement celle qui promet le moins d’années d’études.

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